Pisser pendant trois minutes

Les verres s’entrechoquent, se vident, traînent.

Les rires sont gras et laids. Un immense ballon de vin blanc devant moi, je tente  de figurer comment former des mots qui s’avèreront payants.

Tu discutes de philosophie avec les autres.

Tu parles trop fort.

J’aime ta voix.

J’imagine ta voix qui me dit des choses moins édifiantes.

Je suis étourdie, j’ai l’impression de me liquéfier.

Nous avons gagné la partie…

J’ai assuré ma réputation.

Je cours vers les cabinets,

je pisse durant environ trois minutes.

Je ferme les yeux.

Je pense que je vais mourir.

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Un truc poétique

Le mur est froid,

mais ton corps est chaud.

J’ai envie de te murmurer un truc poétique

… mais je trouve pas.

Je pense que je vais m’évanouir.

Je sens que les bruissements agressifs de tes lèvres sont la plus belle chose du monde.

Tu recules, me considère.

Je soupire, je lève les yeux au ciel, je fais sans doute une moue.

Je tremble.

Je t’attire à moi par le col de ta veste, je mets mes mains derrière ta tête.

Un baiser cru et violent dans l’hiver.

Il faut rentrer,

jouer  au scrabble.

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Bouts de papier

  • Pastiche léopard
  • La mort est une pouliche
  • Petits ravins, grands raisins
  • Excuses minables
  • Le parfum absurde du carton
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Elle…

Lire d’abord: “Ça et tout le reste” et “Le dessin d’un séisme”

 

Elle s’accroche à mon bras.

 

Elle sent la vodka, elle a du s’en renverser dessus.

 

Elle me sourit bêtement.

 

Je ne te quitte pas des yeux.

 

Je me dis que je suis trop bourrée, que je ne suis pas en état de gérer cette situation.

 

J’ai envie de me laisser tomber par terre.

 

Elle me dit que les autres veulent jouer au Scrabble,

qu’elle veut être en équipe avec moi.

 

Mon corps me pèse, je me fiche du Scrabble.

 

Je lui dis que j’arrive.

 

Elle te regarde, je baisse les yeux.

 

S’en va, elle.

 

J’esquisse un petit sourire.

Il ne doit pas être très joli.

 

Tu jettes ta clope.

 

Il faudra donc rentrer,

Il faudra donc rejoindre les autres,

Il faudra donc jouer au Scrabble.

 

Avec tout l’effroi du monde dans les yeux, j’attends de voir quelle direction tu prendras.

 

La mienne, ou celle de la porte…

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Rien

Je n’ai rien vu dans tes tes yeux jaunes.

Je n’ai rien trouvé,

Aujourd’hui.

Sinon matière à me tapir.

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le dessin d’un séisme

 

Lire d’abord Ça et tout le reste

https://brouillonsblog.wordpress.com/2010/11/17/ca-et-tout-le-reste/

 

Tu sais…

Que tu me dis.

Je me retourne, mes cheveux se collent dans mon rouge à lèvres.

Avec toute la concupiscence du monde dans les yeux, j’incline la tête pour t’inciter à parler. Je crois même que je dessine un sourire.

Tu t’approches de moi, mais tu chancelles. Ouais, t’es vraiment trop bourré, mais je m’en tappe. Si c’est cela qu’il te fallait!

Entre toi et le mur tout froid, il y a moi… et du vent.

Tu sais…

Que je dis.

Dis-moi…

Que tu dis.

J’ai envie de te dire que je voudrais te mordre un bras, te foutre une balle dans la tête, mais je ne te le dirai pas. Je te dirais que je veux que tu m’offres tes lèvres trop jolies, que tes yeux me disent des saloperies…

Je ne le dirai pas.

Je m’apprêtais à dire une connerie.

Mais voilà qu’elle aussi passe le pas de la porte, vient rejoindre le vent.

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Ça et tout le reste

J’étais appuyée contre le mur froid. Je grillais une cigarette d’un air dégoûté.

Tu apparais.

Merde!

-Je te trouve jolie. 

Que tu me dis.

Je ne dis rien, je ne lève pas le sourcil. La braise rougeoie, mon soupir est opaque.

-T’es bourré!

Que je te dis.

Tu souris, puis tu souris encore.

Avec tes yeux.

-Je suis bourré et je te trouve jolie!

Que tu me dis. 

J’ai peur. J’adopte un air méditatif. Toute la gravité du monde dans les yeux, je soutiens ton regard.

-Et alors?

Ces affirmations qui sortent de nulle part nécessitent forcément un développement, non?

Tu allumes ta clope. Tu es mignon.

Et j’ai peur, terriblement peur.

Grisée par le vin, et par le vent, contre le mur, les yeux mi-clos.

Toi, tu réfléchis à ta réponse, avec nonchalance.

Tu es encore plus mignon quand tu réfléchis.

J’ai terminé ma clope, j’en jette le bout dans un banc de neige. Je n’ai plus d’excuse pour rester là, au froid…

Retiens-moi, putain, j’ten prie!

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